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jeudi 29 octobre 2015

Suva (îles Fidji) 29 octobre

 
Ce n'est pas fréquent d'être accueillis par un orchestre de la police locale, et encore moins une police en jupe, hommes et femmes... Il y a aussi des guerriers maoris qui nous attendent.

 
Le commandant du Luminosa et un croisiériste entourés par des natives avec leur massue de guerre.

 
Notre guide est aussi policier. Il précise ne faire le guide qu'en dehors de son service, pour arrondir ses fins de mois. Il parle très bien le français, qu'il a appris en Belgique pendant les quatre ans où il accompagnait sa femme diplomate. Comme le chef d'orchestre et comme les policiers du port, il porte une espèce de jupe portefeuille, plus agréable qu'un pantalon sous le climat local.

 
Après avoir traversé une partie de la ville (zones commerciales et industrielles et... prisons), parcours de la campagne où nous retrouvons un décor assez proche de celui d'autres îles. Végétation luxuriante, petites maisons de construction légère avec lopins de terre. Les plantations de canne à sucre ont disparu. Des petits troupeaux de vaches et de chèvres broutent dans la prairie ou prennent le frais sous d'immenses arbres.
Là aussi les traces d'un tsunami (ou d'un ouragan ?) sont visibles par endroits.

 
A l'arrivée dans le centre touristique où nous allons assister à la marche sur le feu, nous sommes accueillis par les descendants des guerriers maoris... puis invités (comme souvent) à faire du shopping !

 
L'endroit est d'ailleurs intéressant : une série de boutiques (il y a même un guichet et des automates bancaires) reliées par des passerelles ombragées, avec une belle décoration florale et une apparence rustique. Les poteaux sont gravés dans le style maori.

 

Dans les boutiques, beaucoup de reproduction d'objets polynésiens, en particulier des armes, des masques, des boucliers.


 
Cette arme maori devrait retenir l'attention d'un touriste curieux. La pointe du totokia (en Fidjien : "ananas") permet de faire un trou bien propre dans le crane d'un ennemi, sans abîmer l'ensemble du crane. La boule en forme évoquant un ananas avec ses petits piquots alourdit la tête de l'arme pour augmenter la force de l'impact. Ce crane ainsi percé pourra servir de coupe pour la cérémonie de l'ava (reportez-vous à l'article sur Pago-Pago).

 
C'est ce qu'explique la notice du totokia.

 
Après le shopping, un sympathique cortège nous emmène en musique vers le lieu du spectacle.

 
Devant un très joli cadre de verdure et d'eau le présentateur commente en anglais le déroulement du spectacle. Il parle assez lentement pour être facile à suivre.

 
Sous la direction du chef (ou du sorcier ?), les jeunes guerriers découvrent le feu dans lequel les pierres ont chauffé à blanc.

 
Après divers discours (en maori), des incantations, des silences recueillis, le sorcier puis les jeunes hommes marchent pieds nus sur les pierres brûlantes. Ils sont protégés, nous explique-t-on, par leur foi et par leurs ancêtres.

 
Ensuite viennent des danses de femmes (danses de séduction, nous explique-t-on) et des danses d'hommes (danses de guerre).

 
Justement, voici une guerre : une autre tribu veut s'emparer des femmes qui se baignaient dans la rivière. Les hommes accourent pour les défendre.

 

Le combat, très bruyant et très athlétique, est bien mis en scène. Il se termine par la fuite des agresseurs.


       
L'un d'eux a été tué. Un guerrier marche sur son cadavre.

 
Enfin on emporte le cadavre de l'ennemi tué... pour le faire cuire et le manger. Rien de plus normal : ce sont des Maoris, et la plupart des Maoris étaient cannibales. Paroles du guide au retour dans le car : "On m'a demandé si le cannibalisme était encore pratiqué de nos jours... C'est fini aujourd'hui, avec la diffusion de la religion chrétienne". Il ajoute avec un sourire qui découvre ses grandes dents blanches :"... mais ça ne veut pas dire que nous en ayons perdu le goût !"

 

L'après-midi, visite du marché de Suva, immense et abondant en toutes sortes de fruits et de légumes. Dans les rues autour du marché, une foule bigarrée et cosmopolite (des indiens, des chinois, d'autres asiatiques, des noirs, des indigènes à peau plus claire, etc.) et tous les enfants qui sortent de leur collège ou de leur école, souvent pour prendre le bus.

 
Au départ du bateau, l'orchestre est revenu jouer, son chef danse avec une de ses musiciennes... Ils sont très applaudis, on échange de grands gestes d'adieu.